C'est inédit, expérimental. Suffisamment nouveau pour retenir une quinzaine de militants socialistes frigorifiés un soir de la semaine, dans une salle municipale du XVIIIe arrondissement de Paris, mal chauffée. Emmitouflés dans des écharpes, les habitués de la section Jean-Baptiste Clément n'en perdent pas une miette. C'est la première réunion dédiée à l'organisation de la primaire. Tout est à inventer. Tout est à prévoir. C'est divertissant. Presque au point d'en oublier la guerre des chefs. Pour une fois, pas de motions, pas de courants. «Ici, il y aura un représentant de chaque candidat et le moment venu nous aurons des choix différents. Pour l'instant, cela ne nous empêche pas de faire le boulot», espère Jean-Philippe Daviaud, le secrétaire de la section qui compte 580 membres. Cela ressemble à une tentative de faire collectif, comme une réparation après les épisodes sanglants du congrès de Reims. «Je suis persuadée que ces primaires vont bousculer plein de choses, s'enthousiasme une jolie fille. A nous d'être innovants.»
Martine Aubry a donné le top départ, il y a quinze jours. Le calendrier est arrêté : dépôt des candidatures entre le 28 juin et le 13 juillet, vote les 9 et 16 octobre. François Lamy, bras droit de la première secrétaire, a présenté les étapes à la presse en début de semaine. «On rentre dans la phase active de préparation. Et il faut s'y prendre maintenant», assène Jean-Philippe Daviaud, en aima




