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Libération

Et pendant les révolutions, l’Europe continue

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Publié le 17/02/2011 à 0h00

Depuis 2008 et le début des crises bancaire, financière puis monétaire, l’Europe ne cesse d’être mise en accusation, clouée au pilori, accusée de tous les maux. Elle n’est pourtant pour rien dans le déclenchement de ces crises dont elle a été la victime et non pas la coupable. Les responsabilités viennent évidemment de New York et de Londres, ainsi que, à un moindre degré, de certains grands pays émergents comme la Chine et le Brésil. Face aux terribles secousses qui auraient pu tourner à la catastrophe planétaire, l’Europe a au contraire bien réagi et su prendre les mesures qui s’imposaient. La BCE (Banque centrale européenne) rituellement vouée aux gémonies par les eurosceptiques a joué son rôle avec intelligence, pragmatisme et même inventivité. Les Etats membres, malgré leurs divergences d’intérêts, ont résisté et innové. Nicolas Sarkozy, si décrié sur d’autres sujets, a d’ailleurs joué un rôle d’entraînement majeur, de même que Jean-Claude Trichet, le bouc émissaire ordinaire, a parfaitement tenu sa place. Les déclinistes de tous poils annonçaient encore il y a trois mois l’explosion de l’euro, avec une satisfaction mal dissimulée. Ils doivent en rabattre aujourd’hui.

De même, depuis le début des révolutions démocratiques dans les pays arabes, l’Europe est-elle tournée en dérision pour son aveuglement, ses compromissions et son inexistence diplomatique. On y voit la démonstration de son déclin - toujours le déclin - et de son impuissance. Il serait pourtant plus équitabl

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