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Libération
Récit

Guérini, la fratrie en danger

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Le président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône et son frère sont soupçonnés de malversations, mais l’omerta règne au sein du PS local.

ParOlivier Bertrand
Correspondant à Marseille
Publié le 04/03/2011 à 0h00

C'est devenu un feuilleton. Jour après jour à Marseille, les habitants commentent, navrés ou rigolards, les mésaventures des frères Guérini. Alexandre le petit frère (52 ans), entrepreneur spécialisé dans les déchets publics et l'intimidation physique, incarcéré depuis le 1er décembre. Et son frère Jean-Noël (60 ans), sénateur et président socialiste du conseil général, patron de la puissante fédération PS des Bouches-du-Rhône. Qui répète à l'envi : «Lui c'est lui, moi c'est moi», manière de signifier qu'il n'aurait rien à voir avec les ennuis de son frère.

Jean-Noël Guérini a décidé hier de déposer une plainte en diffamation contre Arnaud Montebourg, auteur d’un rapport demandant sa destitution (lire ci-contre). Un épisode de plus dans le grand déballage que certains socialistes marseillais observent sans surprise, mais encore en silence. Le ras-le-bol du système en place se dit encore à voix très basse, fataliste. Tant que Jean-Noël Guérini n’aura pas un genou à terre, les plus las se contenteront d’espérer que la justice ou les instances nationales du PS fassent le travail : changer le fonctionnement d’un PS local tenu de mains fermes par les deux frères.

Leurs ennuis ont commencé le 9 février 2009, lorsque le procureur de la République de Marseille a ouvert une lettre anonyme postée une semaine plus tôt. Sur neuf pages tapées à la machine, le récit d'un «système mis en place pour détourner des sommes considérables, non pas pour financer des campagne

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