Oui, il y a un danger Le Pen. Sans doute faut-il prendre avec des pincettes le sondage Louis Harris publié hier par nos confrères du Parisien, qui donne la présidente du FN en tête du premier tour de la présidentielle. Mais les instituts qui en critiquent à juste titre la méthodologie confient dans le même temps que leurs propres enquêtes enregistrent toutes une percée de l'extrême droite. La gauche rend Nicolas Sarkozy responsable de cette poussée. En cause, le bling-bling des débuts du quinquennat, les dégâts sociaux de sa politique économique, son discours cet été à Grenoble sur la sécurité, la stigmatisation de l'islam, qui alimentent le vote lepeniste. Mais la gauche ne pourra pas se contenter d'accuser le chef de l'Etat et la majorité de jouer avec le feu Le Pen. Elle a, dans les mois qui viennent, une responsabilité énorme. Lors des primaires, le PS devra éviter d'en rajouter dans le spectacle de ses divisions. Il devra aussi organiser une compétition exemplaire, transparente, sans tricherie. Le contraire serait dévastateur. Une fois la compétition lancée, si la gauche radicale devait renvoyer Sarkozy et le candidat socialiste dos à dos, elle apporterait alors de l'eau au moulin frontiste. Une multiplication des candidatures à gauche, au-delà du raisonnable, affaiblirait aussi ses chances de victoire. Enfin, la gauche écartera d'autant mieux le danger frontiste qu'elle se présentera devant les électeurs avec des propositions à la fois neuves et crédibles. L
EDITORIAL
Responsable
Réservé aux abonnés
ParPaul Quinio
Publié le 07/03/2011 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus