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Libération

Ça ne tourne plus rond à l’UMP

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Hier, Fillon a recadré Chantal Brunel après son dérapage sur les immigrés.

Publié le 10/03/2011 à 0h00

Tailleur strict, chemisier rouge : Chantal Brunel va s'asseoir discrètement hier après-midi, seule à son banc dans la travée la plus à droite de l'hémicycle. La séance des questions d'actualité vient de démarrer. Un de ses collègues, Patrick Labaune, député (UMP) de la Drôme tendance droite dure, vient ostensiblement s'asseoir à côté d'elle. Mardi, la députée UMP de Seine-et-Marne avait osé dire qu'il fallait «remettre dans les bateaux» les immigrés «qui viendraient de la Méditerranée», en réaction aux sondages donnant Marine Le Pen en tête du premier tour de l'élection présidentielle.

Vingt minutes plus tard, Marcel Rogemont (PS), interpelle le ministre des Affaires étrangères sur l'actualité tunisienne, libyenne et égyptienne, dénonçant au passage les propos de Chantal Brunel. C'est François Fillon qui se lève pour répondre à la place d'Alain Juppé. «Derrière chaque migrant il y a une destinée humaine qui doit être respectée, énonce solennellement le Premier ministre. Chantal Brunel a tenu des propos que nous n'approuvons pas et sur lesquels elle s'est excusée.» Rappelant «la tradition humaniste» de la France, Fillon annonce que Paris pourrait être conduit à accueillir des populations «en danger». La députée ne bronche pas et se lève avec ses collègues pour applaudir le Premier ministre. Officiellement, l'incident est clos.

Mais dans les couloirs du palais Bourbon, nombre de députés de droite ne cachaient pas hier leur co

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