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Libération
EDITORIAL, par Nicolas Demorand

Archipel

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Publié le 23/03/2011 à 0h00

Retour en arrière. 1997 et 1998. Des élections législatives et des régionales. A l’époque déjà, le Front national est haut, capable de provoquer des triangulaires ici et d’imposer là un débat sur les alliances. Le principal parti de droite, le RPR, se trouve confronté une nouvelle fois au piège électoral et à la question : que faire ? La ligne fixée alors par Chirac et Juppé fut claire : quitte à perdre des circonscriptions, à se brouiller avec les quelques brebis tentées par l’alliance avec le FN, un mur politique doit séparer la droite républicaine de l’extrême droite. Pourquoi est-il impossible aujourd’hui de dire aussi clairement qu’hier le refus du Front national ? Pourquoi, alors que le problème ressurgit dans un scrutin cantonal objectivement de moindre importance, l’ex-RPR devenu UMP est-il en train de craquer, de se fissurer, de se contredire, de multiplier les antiphrases, les périphrases et les litotes, les sous-entendus et les implicites ? Depuis plusieurs jours, nous assistons à beaucoup plus que de la cacophonie : une peur panique, une crise d’identité, peut-être les prémices d’une vraie division politique. Car sur la question du FN, les différentes droites, unies et silencieuses quand un Nicolas Sarkozy victorieux les dominait en 2007, reprennent désormais leur autonomie et le bloc UMP commence à ressembler à un archipel de sensibilités divergentes, voire contraires, qu’un lien de plus en plus ténu tient encore assemblées. Loin du non-événement promis, ces can

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