Dans un local du quartier de la Capelette, des militants socialistes se désespèrent. Le Front national est de retour, il dépasse 37% dans leur canton, 30% à Marseille. Alors ils s'interrogent. Sur eux, sur leur ville, sur ce quartier qui se transforme. «Ici, dit Gilbert, retraité du port, il y a beaucoup d'enfants d'immigrés, italiens surtout. Beaucoup d'entre eux votent FN. Leurs pères travaillaient à la filature, dans les fabriques de bottines, dans toutes ces industries qui ont disparu.» Le quartier se transforme, les personnes âgées ne le reconnaissent plus, ont peur de l'insécurité ou de glisser sur les trottoirs mal lavés. Le vote FN sert d'exutoire, d'autant plus facilement que la droite locale l'a dédiabolisé voilà longtemps : en 1986, Jean-Claude Gaudin avait fait alliance avec le parti d'extrême droite pour gagner la région, avant d'obtenir, en 1988, des désistements réciproques, pour les législatives. Un quart de siècle plus tard, cuisant retour de flamme. Le FN sera présent dimanche dans les 11 cantons marseillais qui votaient dimanche (six duels contre le PS, cinq contre l'UMP). Il progresse peu en voix, mais dépasse 30 % du fait de l'abstention (plus de 63 %). Un retour aux niveaux des années 80, avec une évolution que souligne Patrick Mennucci, maire (PS) du 1er secteur : le vote FN touche désormais toute la ville, plus seulement les quartiers Nord.
«Incapables». Quels facteurs expliquent le niveau plus élevé ? La c




