A Marseille, on l’appelle le vaisseau bleu : le conseil général des Bouches-du-Rhône. Un beau bâtiment que l’on voit de loin, qui ressemble à un bateau bleu, et commence à prendre l’eau. Son président socialiste, Jean-Noël Guérini, reste pour l’instant à la barre. Il a été choisi, hier, seul candidat de gauche pour sa succession. Mais le temps est à l’orage, malgré ses discours rassurants. Deux matelots ont été jetés par-dessus bord au premier tour des cantonales : deux conseillers généraux proches de Jean-Noël Guérini, le président, et de son frère Alexandre, qui dort en prison depuis trois mois. Une partie de l’équipage comprend que tout le monde va couler si personne n’intervient.
Ras-le-bol. Alors, au moment où l'ONG Transparency International demande à Martine Aubry de ne pas soutenir la réélection de Guérini, la contestation monte. Pas encore de la mutinerie, mais un ras-le-bol qui grandit et s'exprime désormais. Les grands élus restent encore dans l'ombre - où certains attendent leur heure. Mais d'autres donnent leur bénédiction aux premières flèches. La semaine dernière, le politologue Jean Viard, élu en 2008 sur les listes Guérini à la mairie, estimait dans la Provence que le président «simplifierait le vote républicain» en évitant de se représenter. Lundi, une conseillère générale, Marie-Arlette Carlotti, expliquait dans un communiqué qu'elle ne donnerait plus son «blanc-seing» au président. Après son acte de rébellion, el




