Adroite, l’après-Sarkozy est déjà dans toutes les têtes. Les ténors de l’UMP ont beau répéter que le chef de l’Etat est le seul candidat possible pour 2012, tous rêvent secrètement d’un homme providentiel pour les sauver d’un désastre électoral. Il n’y en aura pas : Nicolas Sarkozy a étouffé toute concurrence dans son camp et entend bien défendre son bilan l’an prochain. Dès lors, le premier enjeu de la bataille actuelle au sein des fractions de l’UMP est idéologique. Il consiste à tenter d’imposer au chef de l’Etat une ligne politique pour les mois à venir.
Les uns veulent sortir du tout identitaire et sécuritaire réaffirmé lors du fameux discours de Grenoble de juillet. Centristes ou gaullistes, ils souhaitent éviter toute porosité des idées du Front national à l'UMP. Ils préconisent que le gouvernement se concentre uniquement sur les «questions qui intéressent les Français» (emploi, santé, pouvoir d'achat…), comme dit le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, et leur apporte des réponses les plus lisibles possibles. «Si on fait 2011 sur l'islam et l'ISF, autant tirer un trait sur la présidentielle», résume cet autre influent ministre.
Populisme. Sans qu'il le dise ouvertement, tout un autre pan de la majorité est sensible à la mutation de l'extrême droite opérée par Marine Le Pen. Regroupés notamment au sein de la Droite populaire, ces élus UMP ont observé la poussée des populismes en Suisse, en Autriche, en Italie ou en Hongrie. Ils




