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Interview

«L’UMP est une machine électorale mais un non-sens politique»

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Christian Delporte, historien, revient sur les divergences idéologiques à droite :

Publié le 30/03/2011 à 0h00

Christian Delporte est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a publié en 2011 Une histoire de la séduction politique et en 2009 Une histoire de la langue de bois (Flammarion).

En 2007, Nicolas Sarkozy avait réussi à rassembler tout l’électorat de droite et une partie de celui d’extrême droite. Quatre ans plus tard, cela ne fonctionne plus. Que s’est-il passé ?

Il avait réussi à fédérer une large majorité de Français avec beaucoup de rêves. Il y avait de la séduction, mais il apparaissait surtout, dans les sondages de l’époque, comme compétent, en tout cas plus que Ségolène Royal. Les Français lui faisaient confiance pour faire bouger les choses. Plus forte est la séduction, plus forte est la déception.

Il s’appuyait sur l’UMP, qui depuis 2002 avait réussi à rassembler toutes les composantes de la droite. N’est-ce pas cela qui est en train d’imploser ?

L’UMP est une machine électorale. Mais c’est un non-sens politique que de vouloir faire cohabiter toutes les sensibilités politiques de droite. Qu’y a-t-il de commun entre la droite libérale, anti-étatique, et les gaullistes sociaux, qui défendent le rôle et la souveraineté de l’Etat ? Sociologiquement, ces deux droites n’ont pas grand-chose à voir. La tradition gaulliste s’appuie sur une classe moyenne et des catégories populaires qui sont, pour citer un exemple, très choquées par les gros salaires des patrons. Ce n’est absolument pas le cas des tenants de la droite libérale.

D’autres familles de la droite cohabitent dans l’UMP : il y a les démocrates-chrétiens, les radicaux de Jean-Louis Borloo…

Pour reprendre la trilogie chère à René Rémond, on peut distinguer le courant gaulliste, qui s'inscrit dans la tradition bonapartiste, les chrétiens-démocrates, incarnés sous la IVe République par le MRP, et la droite orléaniste, dont Valéry Giscard d'Estaing avait repris le flambeau. L'UDF avait réussi

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