Une boîte à outils et un logiciel libre. C’est ainsi que se présente le programme du Parti socialiste, dans lequel chaque candidat déclaré ou à venir pourra, s’il le souhaite, piocher à sa guise et refaire à sa main. Sa force : esquisser une autre société en proposant, secteur par secteur - sur l’éducation, le logement, la fiscalité, la sécurité, les âges de la vie, la mondialisation, etc. -, à la fois des mesures précises et une philosophie d’ensemble.
Il faut reconnaître que le PS a travaillé pendant ses années d’opposition, en tout cas ces deux dernières, et que des révisions profondes, voire des mutations de doctrine, apparaissent ici et là sur des points loin d’être négligeables. Qui aurait ainsi pu imaginer, même si les propositions finales sont en retrait par rapport au vigoureux débat qui agite les économistes et les intellectuels, que le PS ferait l’apologie d’une forme tempérée de protectionnisme ? Ou que, sur l’école, il entérinerait l’échec démocratique de l’institution, incapable de réduire les inégalités sociales, sauf à les prendre enfin par la racine, dès le plus jeune âge, et à faire travailler différemment les enseignants ? Quant à la philosophie d’ensemble, elle pourrait se résumer en quelques mots : respecter, protéger, remettre en mouvement un pays et des individus tétanisés par la globalisation et qui peinent à entrevoir leur avenir. Reste désormais, et ce sera autrement périlleux que de parvenir à un texte de synthèse, à trancher la question qu’appelle




