Voyage en France, pays inquiet. Fatigué. Quatre ans après l'élection de Nicolas Sarkozy, les reportages que publie aujourd'hui Libération soulignent le profond désenchantement des Français. Leur déception. Leur fragmentation, aussi : riches, pauvres, jeunes, vieux, urbains, banlieusards, campagnards, ouvriers, fonctionnaires, autant de petites France qui vivent juxtaposées, parfois opposées, unies simplement par la peur du déclassement. Quel avenir pour chacun ? Quel futur pour tous ? La promesse originelle de 2007, dont on sait ce qu'il advint, était de «travailler plus pour gagner plus». Le seul projet mobilisateur : accéder à la propriété. Enrichissez-vous ou endettez-vous ! Et en bruit de fond, à côté de ce polyptyque de l'individualisme décomplexé, des discours ressassant ad nauseam les grandes dates et les grands hommes de l'histoire de France, tout un bric-à-brac d'images pieuses, de cathédrales et de terroirs. Un rapport obsessionnel au passé et à la question des origines qui permet de ne pas poser celle, autrement plus urgente, de l'avenir du pays. A un an de la présidentielle, nous en sommes là. C'est-à-dire dans une impasse sur laquelle certains, à droite, auront tout intérêt à spéculer électoralement. Quant à la gauche, elle ne doit pas simplement se montrer capable de répondre aux problèmes concrets des Français, encore durement touchés par la crise, ni de gérer la pénurie d'argent public. Parler au présent est le minimum vital de la politique.
EDITORIAL
Impasse
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Publié le 22/04/2011 à 0h00, mis à jour le 22/04/2011 à 11h51
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