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Portrait

L’ascension d’un amateur qui refuse de passer pro

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A 37 ans, le leader trotskiste, militant depuis 1988, veut prendre du recul.

Publié le 06/05/2011 à 0h00

Quand, en juin 2001, Olivier Besancenot est désigné pour succéder à Alain Krivine et porter les couleurs de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) à la présidentielle de 2002, l’autre candidate trotskiste, Arlette Laguiller, prend soudain un coup de vieux. Avec son visage poupin et ses allures de Gavroche, le «petit facteur» qui vient de fêter ses 27 ans marque un saut générationnel.

Il a pourtant déjà derrière lui une bonne douzaine d’années d’engagement politique. Et si, modeste employé de la Poste, il distribue chaque matin en vélo le courrier dans les boîtes aux lettres d’abord à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) où il est né en 1974, puis à Neuilly-sur-Seine, il n’en est pas moins titulaire d’une licence d’histoire. Depuis 2002, Besancenot incarne à l’extrême gauche une génération militante nouvelle, à la fois héritière et en rupture avec celle issue de Mai 1968.

Meurtre. Son engagement en politique, c'est d'abord un déclic. On est en 1988, deux ans après les manifestations étudiantes contre la loi Devaquet et la mort de Malik Oussekine. Olivier Besancenot a 14 ans. Il vit à Louviers (Eure) où ses parents sont enseignants. Survient le meurtre raciste d'un garçon de 17 ans qu'il connaissait. Il rejoint SOS Racisme puis adhère aux JCR (Jeunesses communistes révolutionnaires, le mouvement de jeunes de la LCR). «Moi, ce sont des militants de la Ligue qui m'ont tiré de mes crises d'adolescence, confiait-il en juillet 2001 à Libération.

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