En novembre 2009, à l'occasion de la publication d'une précédente enquête de l'institut Viavoice sur l'identité de la gauche, Libération titrait : «La gauche s'éclate.» Cette année, c'est d'homogénéisation de la gauche dont il faut parler. Finie l'opposition clivée, irréconciliable sur les valeurs et les références. Une bonne nouvelle pour elle, à moins d'un an de la présidentielle (1).
Des références de plus en plus communes
Cette uniformisation de la gauche se retrouve d’abord dans l’affirmation de références communes. Les sympathisants de gauche interrogés convergent à 87% sur des indignations identiques dont la première est sans appel : «La société dans laquelle nous vivons va de plus en plus mal.» Cette sentence fédère plus qu’en 2009 (+ 3 points) et qu’en 2003 (+ 13). Les injustices sociales sont bien évidemment pointées : «misère» (27%), «accroissement des inégalités» (27%), «salaires des grands patrons» (23%) et «dégradation de la situation des gens» (23%). «Ces quatre premières perceptions, analyse François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice, dessinent le portrait d’une société qui se clive entre une minorité privilégiée (les «grands patrons») et le déclassement du plus grand nombre (les «gens»), conduisant à la détresse (la «misère»).» Dans cette part d’insupportable, les rapports entre individus sont aussi sévèrement critiqués : pour 21% (+ 6 points par rapport à 2009) des personnes interrogées, «le manque de respect entre les




