Trente ans après, un an avant. Telle est aujourd’hui la temporalité de la gauche, prise entre la célébration du 10 mai 1981, date de la première élection de François Mitterrand à l’Elysée, et la préparation de la prochaine présidentielle. Que faire de cette commémoration ? La nostalgie d’un monde en noir et blanc et d’une France qui n’existent plus que dans nos souvenirs est une passion intime, douce et amère, qui renvoie chacun à sa propre mémoire. Bonheur d’avoir vécu, même enfant, une telle page de l’histoire politique de la France. Emotion intacte face à ces images, ces discours, ces manifestations, qui sont autant d’archives d’une joie intense et d’un formidable espoir populaire. Mais par-delà les charmes de la mélancolie, parfois vénéneux, le 10 mai 1981 sonne surtout comme un rappel. La gauche ne gagne que lorsqu’elle adopte de la politique une définition plus large que la politique elle-même. Quand elle est capable de ressusciter la dignité, la fierté chez les citoyens. Quand elle se donne pour mission d’intensifier, d’amplifier ce qu’est la vie de chacun. Quand elle a confiance dans ses propres valeurs et de l’appétit pour les combats à mener. Quand elle sait rendre l’avenir désirable. Quand elle a, aussi, un(e) leader capable d’incarner ces aspirations et de les décliner en autant de propositions. Trente ans après, un an avant, la gauche en est là : à la croisée des chemins, sommée d’être à la hauteur de sa propre histoire et du désir que, petit à petit, elle recom
EDITORIAL
Désir
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Publié le 10/05/2011 à 0h00
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