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Libération
EDITORIAL

Immense gâchis

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Publié le 15/05/2011 à 12h29, mis à jour le 15/05/2011 à 14h08

Cette nuit, en quelques instants, DSK risque d'avoir tout perdu : le FMI, sa réputation, l'élection présidentielle, l'honneur des siens. Une inculpation pour «agression sexuelle» ne vaut pas condamnation et la manipulation ne peut être exclue d'emblée. Mais le sentiment d'un immense gâchis a déjà tout envahi. Tout s'est écroulé. La gauche perd son favori à quelques semaines seulement de la primaire socialiste et la sortie de route de Strauss-Kahn dynamite toute la campagne.

Pour 2012, DSK semblait le mieux armé pour répondre au désarroi des Français, épuisés par la crise et désorientés par le règne foutraque de Sarkozy: l’expérience internationale, la crédibilité de l’économiste, la fibre sociale, le savoir-faire d’un négociateur hors pair leur laissaient penser qu’il saurait mieux que tout autre défendre leurs intérêts et ceux de la France.

Pourtant, DSK n'a jamais pris la mesure des dures réalités et des impératifs multiples d'une campagne présidentielle. Si persuadé d'être l'homme de la situation, il croyait pouvoir vaincre sans combattre. Comme s'il voulait être déposé par hélicoptère sur le toit de l'Himalaya élyséen sans s'imposer le chemin de souffrance, de renoncement et d'abnégation pour y parvenir. En stratèges hasardeux, ses communiquants ont entretenu cette idée folle dans l'esprit de DSK. Le long parcours du patron du FMI est d'abord celui d'un expert engagé, pas celui d'un dirigeant politique rompu aux champs de bataille éle

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