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Libération
EDITORIAL

Primaire

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Publié le 16/05/2011 à 0h00

Que s'est-il exactement passé dans la chambre 2806 du Sofitel de Times Square ? Pour l'instant, les faits ne sont pas juridiquement établis. Dominique Strauss-Kahn nie en bloc les gravissimes accusations - agression sexuelle, tentative de viol, séquestration - d'une jeune femme de 32 ans, employée de l'établissement. Mais il y aura bien un avant et un après, et des répliques d'une nature encore inconnue. L'inculpation de Dominique Strauss-Kahn ouvre une brèche qui affecte toute la classe politique, la gauche de plein fouet, les autres par ricochet, plus personne n'étant à l'abri. La France connaît là son premier sex scandal à l'anglo-saxonne et entre brutalement dans une zone du débat public qui, jusque-là, par exception culturelle, identité «latine» ou faiblesse démocratique, restait confinée aux rumeurs et ragots d'un petit cercle d'initiés. Les politiques, les artistes bénéficiant même, sur le sujet, d'une tolérance particulière. Une partie du choc vient donc aussi de là, de cette scène inédite, jusqu'ici impensable chez nous : des policiers arrêtant un homme politique de premier plan pour une affaire de mœurs. Et pas n'importe laquelle, pas une banale liaison extraconjugale entre adultes consentants qui ne regarde qu'eux : une présomption de viol.

Sur le plan politique maintenant, les socialistes perdent le seul candidat qui avait, dans toutes les configurations possibles, la faveur des sondages. Le plus à même de battre Nicolas Sarkozy. Peut-être l’un des mieux

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