La chute de Dominique Strauss-Kahn se poursuit. A une vitesse vertigineuse et dans une atmosphère d'effondrement, de débâcle. Après l'arrestation, la détention provisoire, fait rarissime dans un système judiciaire fondé sur l'habeas corpus. Après la première accusation de viol, peut-être une nouvelle, révélée au tribunal par le procureur sans plus de précision, et sur laquelle la justice américaine entend désormais aussi mener l'enquête. Et puis les images, leur mise en scène soignée, télégénique : la lente sortie du commissariat; l'arrivée au tribunal et l'attente dans une pièce sordide, éclairée au néon bleu; l'audience en elle-même, avec le visage défait de l'accusé en gros plan, réduit au silence, face à la juge, une femme. Partout des caméras et des appareils photos, cette transparence totale qui caractérise la justice américaine mais qui rappelle, ici, un vieux supplice d'Ancien régime : l'exposition publique, autrefois réservée aux condamnés qui, sous les yeux de la foule, devaient payer leurs fautes au prix de la honte. Le spectacle de cette déchéance marquera profondément, et pour longtemps, le rapport des Français à la politique. Les sentiments qu'inspire cette chute cohabitent mal avec l'horreur que suscitent les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn. Ni donjuanisme, ni libertinage, ni même harcèlement : crimes sexuels. Ses avocats ont redit qu'il niait en bloc la totalité de ce qui lui est reproché. La suite de la procédure judiciaire établi
EDITORIAL
Déchéance
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Publié le 17/05/2011 à 0h00
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