Si l'on en est arrivé jusqu'à cette affaire du Sofitel, n'est-ce pas aussi la faute des Français qui «savaient» depuis longtemps que Strauss-Kahn était un «prédateur» et n'avaient rien fait pour le stopper ? Depuis dimanche, la question est sous-jacente dans les commentaires des journalistes américains qui reprochent aux Français d'avoir «fermé les yeux» (Wall Street Journal) ou rappellent que l'Hexagone avait ouvert ses bras à Roman Polanski, fuyant la justice américaine pour le viol d'une mineure…
Au «laxisme» français s'opposerait donc la plus grande rigueur morale des Américains… Comme souvent, le cliché est en partie vrai, mais en partie seulement. «D'une façon générale, il est vrai que lorsque des questions se posent sur la vie privée d'un homme politique, les médias américains cherchent à les éclairer, explique Arthur Goldhammer, chercheur à Harvard et auteur du blog «French Politics». Quand, par exemple, une femme politique, comme Aurélie Filipetti, fait état d'une drague "très lourde, très appuyée" que lui aurait infligée un homme politique [Strauss-Kahn, en 2008, ndlr], aux Etats-Unis, les journalistes auraient cherché à savoir ce qui s'était passé, ce qu'il y avait eu de "lourd et appuyé". En France, visiblement, il n'y a eu aucun suivi journalistique. Mais il est faux d'affirmer pour autant que les Américains ne sont que des puritains. Les Etats-Unis aussi sont un pays compliqué, où l'on ne peut prédire à l




