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tribune

DSK, le signe d’un changement

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ParMarcela Iacub
Juriste et chercheure au CNRS
Publié le 19/05/2011 à 0h00

Apart DSK et son accusatrice, personne ne sait ce qui s’est véritablement passé dans la chambre 2 806 de l’hôtel Sofitel à New York. Et, les jours passant, ce seront les propres protagonistes de cette sombre affaire qui trafiqueront leurs souvenirs afin de les adapter à la version des faits qu’ils cherchent à voir triompher au tribunal. Celui-ci condamnera ou acquittera le président du FMI à partir d’une version du passé qui laissera sans doute beaucoup de monde mécontent. Or, si nous devons nous résigner à être privés de la vérité brute des faits, nous devons nous réjouir de disposer des choses bien plus intéressantes : les deux hypothèses qui tentent de la restituer.

La première est celle du complot, du «coup monté» visant à mettre hors circuit soit le président du FMI soit le candidat le mieux placé aux primaires du Parti socialiste. DSK se serait fait «piéger» par ses pulsions sexuelles exacerbées, sa libido trop vive, sa gourmandise érotique illimitée. Selon la seconde, les accusations de la femme de chambre seraient entièrement crédibles car DSK ne serait rien d’autre qu’un violeur et qui plus est un violeur récidiviste dont l’impunité n’aurait été assurée pendant tant d’années que par le pouvoir social dont il jouit. DSK ne serait donc pas un malade, un «sex-addict» mais un pervers, un prédateur des plus dangereux. Ainsi, ces hypothèses cherchent à produire des récits vrais sur les faits se fondant entièrement sur des théories à propos des pulsions sexuelles que l’on p

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