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Libération

Le Parti socialiste amputé sans anesthésie

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Publié le 19/05/2011 à 0h00

Recordman de la langue de bois parmi les dirigeants socialistes, Harlem Désir a commenté le séisme politique et le drame racinien que constitue la terrible accusation lancée contre Dominique Strauss-Kahn par ces mots, «le PS n'est ni décapité ni affaibli. Il a un leader : Martine Aubry». Voilà ce qui s'appelle un déni de réalité car les faits vont en sens exactement opposé. Le PS vient de perdre, dans des circonstances ressemblant au pire thriller politique américain, celui qui apparaissait jusqu'ici comme son meilleur atout pour l'élection présidentielle. Dominique Strauss- Kahn a un droit absolu à la présomption d'innocence jusqu'à l'épilogue de la procédure judiciaire entamée. Sa vie, celle de sa femme, de ses enfants, celle aussi de la malheureuse femme de chambre sont cependant d'ores et déjà dévastées. Quant à sa place au sein des primaires socialistes, elle appartient au passé. Quel que soit le verdict final, le calendrier judiciaire plus l'affreux psychodrame qui l'accompagne interdisent toute illusion. Il n'y aura plus de candidature Strauss-Kahn. Jamais dans l'histoire politique française, un dirigeant socialiste n'avait possédé à ce point toutes les qualités, toutes les compétences, toute l'expérience et toute l'autorité correspondant exactement aux circonstances nées de la pire crise financière, monétaire, économique et sociale depuis les années 1930. Cet atout-là est déchiré, mis en pièce. Le PS vient d'être amputé sans anesthésie, comme les blessés à l

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