«Abattu», «choqué», «abasourdi» : les militants socialistes vivent depuis dimanche un cauchemar, que certains n'hésitent pas à comparer au 21 avril 2002. Ils émergent peu à peu, et la réalité reprend le dessus. Libération a suivi une réunion des trois sections PS du XVIIIe arrondissement de Paris, et le déplacement de Martine Aubry à Toulouse.
Paris XVIIIe, mardi soir
«Il faut avancer, on a une élection à gagner»
«On avait dit qu'on n'en parlait pas !» La voix fuse du fond de la salle, coupant net le député en pleine intervention. Furieuse, la militante rappelle à Christophe Caresche, député de l'arrondissement, la consigne imposée en début de soirée : pas de prise de parole, ce soir, sur l'affaire DSK. «Mais moi je veux en parler, proteste le parlementaire, parce que ça va ouvrir des questions pour l'ensemble de la gauche.» Peine perdue. Les militants n'embrayent pas. Seul un adhérent dans la salle proteste, à voix basse, lorsque Caresche s'insurge contre la manière dont «notre camarade Dominique Strauss-Kahn a été traité, malgré les faits graves qui lui sont reprochés». «Et la femme de ménage ?» glisse le jeune homme à l'attention de ses voisins d'assemblée.
Déni collectif ou réflexe de survie ? Trois jours après l'invraisemblable arrestation à New York de leur ex-champion à la présidentielle pour agression sexuelle présumée, les




