«La traditionnelle indifférence de la France au phénomène de la double nationalité», décrite par l'historien Patrick Weil (1), a-t-elle vécu ? Pourrait-elle être remise en cause alors qu'elle s'est «largement répandue durant le dernier quart de siècle en France et dans l'ensemble des grands pays démocratiques», comme le rappelle ce chercheur ? La question a fait bruyamment irruption dans le débat public le 28 avril lorsque le site Mediapart a révélé que les dirigeants de la Fédération française de football avaient envisagé, en novembre 2010, de limiter le nombre de joueurs binationaux dans les centres de formation, au motif que certains opteraient ensuite pour la sélection d'un autre pays dont ils ont la nationalité. Quelques mois avant cet épisode, les députés du collectif de la Droite populaire (frange la plus droitière de l'UMP) avaient déjà œuvré pour une remise en cause de la double nationalité.
Le 31 mars 2010, le gouvernement soumet à l'Assemblée nationale le projet de loi relatif à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité. Lionnel Luca (UMP, Alpes-Maritimes) dépose alors un amendement stipulant que «l'acquisition de la nationalité française est subordonnée à la répudiation de toute autre nationalité» et que «toute personne qui possède la nationalité française et une autre nationalité et qui ne renonce pas à cette autre nationalité dans les six mois précédant sa majorité et dans les douze mois la suivant, perd la nationalité fra




