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L’argent comme arme de défense

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Les avocats de DSK pourraient convaincre la famille d’«Ophelia», en Guinée, d’accepter un accord financier.

Benjamin Brafman et Dominique Strauss-Kahn le 16 mai 2011 au tribunal à New York. (© AFP Emmanuel Dunand)
ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 25/05/2011 à 0h00

Tout, ou presque, repose sur elle : «Ophelia», l'immigrée venue de Guinée, qui a déjà raconté comment Dominique Strauss-Kahn l'aurait agressée et forcée à une fellation, est - par un formidable retournement de perspective - aujourd'hui maîtresse du sort de l'ancien directeur du FMI. La pression sur elle est «énorme», soulignent plusieurs juristes new-yorkais qui ont l'expérience de ces affaires sexuelles, interrogés hier par Libération. Certains redoutent même que la femme de chambre soit d'une certaine manière «achetée» par les avocats de DSK.

Des précédents, surtout celui du basketteur Kobe Bryant, accusé de viol en 2003 par… une employée d’hôtel, rappellent que l’accusatrice peut à tout moment se rétracter ou préférer un accord financier discret qui évite un procès public. Dans le cas de Bryant, le basketteur avait reconnu qu’il y avait bien eu relation sexuelle, mais niait qu’elle ait été forcée. La femme de chambre avait fini par renoncer à témoigner, acceptant un dédommagement financier d’un montant gardé secret.

Pression. Les avocats de DSK seraient d'ores et déjà à l'œuvre en Guinée, pour parler à la famille d'Ophelia et la convaincre qu'il serait dans l'intérêt général de s'entendre discrètement, rapportait hier la presse américaine. Cette démarche n'est pas confirmée mais il est évident que la pression de l'argent sera énorme, surtout pour une famille africaine, écartelée entre New York et un village de Guinée. La tentation

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