Menu
Libération
EDITORIAL

Spectre

Réservé aux abonnés

Publié le 25/05/2011 à 0h00

Pour se donner toutes les chances de refermer l’an prochain la parenthèse navrante du sarkozysme, il faudrait pouvoir tourner au plus vite la page nauséabonde de l’affaire DSK. Revenir sur le terrain des idées et des projets, jouer le jeu d’une compétition loyale lors de la primaire socialiste, faire émerger une personnalité au-dessus du lot pour gagner et en finir enfin avec cette malédiction qui maintient la gauche à l’écart du pouvoir depuis près d’une décennie. Mais dix jours après le début du scandale, cette perspective semble incertaine, pour ne pas dire totalement illusoire. Il va falloir faire avec le drame DSK et ses effets dévastateurs, semaine après semaine, et sans doute pendant de longs mois encore. Les révélations sordides, pas toujours étayées ni vérifiables, égrainées par les tabloïds new-yorkais. Le calvaire d’une femme de chambre prise dans l’engrenage fatal d’une machine judiciaire et médiatique qui tourne déjà au jeu de massacre. Le cynisme d’une défense prête à changer de thèse au gré de ses intérêts ou sous la contrainte des expertises ou des témoignages dérangeants. Il en va jusqu’au calendrier judiciaire qui, en cas de procès, pourrait entrer en collision avec celui de la primaire socialiste, voire de l’élection présidentielle… Un spectre new-yorkais projette son ombre délétère de l’autre côté de l’Atlantique. Voilà chacun des candidats, à gauche, mais aussi à droite, mis au défi d’en limiter les effets ravageurs. C’est aussi à cette aune-là que les F

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique