Ce qu'ils faisaient lorsqu'ils l'ont appris, ils s'en souviendront toute leur vie. Comme du jour de l'assassinat de Kennedy, de l'instant où Armstrong a posé le pied sur la Lune, ou quand les avions ont frappé les tours du World Trade Center. Un premier tweet dans la nuit, le samedi 14 mai. Il est 22 h 59 à Paris, 16 h 59 sur la côte Est des Etats-Unis : «DSK aurait été arrêté par la police dans un hôtel à NYC.» New York s'enflamme, Paris dort encore.
Pierre Moscovici, l'un des très proches de Strauss-Kahn, vient de rentrer, content de lui. Il a bien défendu son mentor sur le plateau d'On est pas couché, l'incendie de la Porsche Panamera est enfin éteint, après huit jours pénibles. «A 1 h 30, je m'endors plutôt satisfait. A 2 h 20, je reçois le SMS d'un camarade, raconte-t-il. J'ai passé le reste de la nuit sur les sites d'infos américains. Au fur et à mesure, je vois que l'affirmatif remplace le conditionnel. Je suis abasourdi, choqué, sidéré.»
Cette nuit-là, Claude Bartolone, le député PS de Seine-Saint-Denis qui se dépense depuis quelques mois pour Dominique Strauss-Kahn, fête l'anniversaire d'une amie en province. A table, il y a des «copains de gauche et de droite», on ne parle que de 2012 et de la désormais candidature certaine du patron du FMI. Dans la nuit, son fils appelle. «Ce fut le début d'une journée infernale, se souvient Claude Bartolone, on n'arrêtait pas de s'appeler entre nous, comme pour un décès, ou




