Matignon va donc payer les salaires de Luc Ferry pour les cours qu'il n'a pas donnés toute cette année à l'université Diderot (Paris-VII). Argument invoqué : il n'avait pas une minute pour enseigner, trop occupé à présider le Conseil d'analyse de la société (CAS) rattaché au Premier ministre. La situation du philosophe est régularisée. Mais l'arrangement dérange. Samedi, le député UMP Yannick Favennec a demandé à Ferry de rembourser ses salaires. Hier, c'était au tour des socialistes Ségolène Royal et Manuel Valls, alors que le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, parlait de «pratique administrative normale».
Un arrangement sur mesure
Depuis le 1er octobre 2010, Luc Ferry n'était plus en règle avec son université. En tant que professeur première classe, il devait assurer 192 heures annuelles d'enseignement, faire autant de recherche, suivre ses doctorants, etc. Mais il ne venait pas, percevait son salaire - 4 499 euros net par mois - et restait sourd aux courriers du président de Paris-VII, Vincent Berger. Le philosophe s'estimait dans son bon droit. Depuis 2004, il bénéficiait d'une décharge d'enseignement parfaitement légale, valable trois ans et renouvelée d'autant. Elle est arrivée à terme le 30 septembre 2010. Et pour Luc Ferry, elle devait évidemment être reconduite. Mais l'administration traînait…
Le motif de cette décharge ? En juillet 2004, sans doute pour le consoler de son départ du ministère de l'Education, le Pre




