C'est avec le plus grand étonnement que j'ai lu dans une tribune publiée par Libération le 31 mai et signée par Thomas Clerc que je serais contre la pénalisation du viol et que pour moi toute pénalisation du sexe serait un crime. Aux yeux de Clerc, je serais donc favorable à ce que tout un chacun prenne de force hommes, femmes et enfants et qu'il soit à son tour pris de force par quiconque souhaiterait le transformer en objet sexuel sans encourir la moindre peine. Or, bien évidemment, il ne cite aucun de mes textes ni aucun de mes propos pour étayer son accusation délirante et diffamatoire.
A ma connaissance, le seul auteur qui osa formuler une idée aussi monstrueuse fut le marquis de Sade dans la Philosophie dans le boudoir. Mais pour le marquis, non seulement le viol devait être dépénalisé, mais aussi le meurtre. Car on ne voit pas pourquoi autoriser l'un et non pas l'autre, après tout. Or ces théories de Sade sont ironiques. Il les écrit pour montrer que la construction d'une société politique respectueuse de la nature barbare et criminelle de l'homme est impossible. Que les règles d'une telle société ne peuvent mener qu'à sa propre destruction. C'est pourquoi la seule manière d'assouvir de telles passions criminelles, d'après Sade, est la littérature où l'on peut commettre tous les viols et tous les meurtres que nous voulons sans faire de mal à personne.
C’est le même sain conseil que je donnerais à Thomas Clerc. S’il rêve d’un monde où le viol serait imp




