Election après élection, en posant des questions nouvelles sur l'énergie, la société, la consommation, la nature et l'exercice du pouvoir ou encore la vie démocratique, l'écologie politique a largement contribué à régénérer les vieux clivages. Et à en susciter d'autres, sur lesquels l'ensemble des partis, de gauche comme de droite, sont désormais appelés à prendre position. Pourtant, cet intense travail de réinvention de la politique connaît une limite absolue : l'élection présidentielle, cette drogue dure légalisée par les institutions de la Ve République. Foncièrement parlementaristes et rétifs à l'idée de l'homme ou de la femme providentiels, les écologistes critiquent l'hyper-personnalisation du scrutin, l'enflure des egos et le marathon médiatique qu'il suscite, les déséquilibres et apories démocratiques sur lesquels il débouche. Pour se distinguer et montrer qu'ils ne sont pas dupes, ils y présentent des candidats ne portant ni costume, ni cravate, ni tailleur strict : des amateurs, au sens fort, grandis ailleurs qu'à l'ENA ou dans les cabinets ministériels. Tout cela est original et bienvenu. Mais, mis face à leurs contradictions par l'un des leurs, Daniel Cohn-Bendit, qui leur proposait, plutôt qu'une figuration présidentielle, de se mettre en accord avec eux-mêmes et de négocier en force avec les socialistes un important groupe parlementaire, les écologistes ont flanché. Et choisi de s'aligner à l'élection reine non pour la gagner mais, comme tant d'autre
EDITORIAL
Griserie
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Publié le 20/06/2011 à 0h00
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