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Interview

Binationalité : «Il n’y a pas de compétition entre identités nationales»

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Enquête. Patrick Simon, sociodémographe travaillant sur la binationalité, réagit au rapport du député UMP Claude Goasguen rendu public hier.

Publié le 30/06/2011 à 0h00

Sans surprise, la commission des lois de l'Assemblée a «autorisé la publication», hier, du rapport de la mission d'information sur le droit de la nationalité. Ce texte, œuvre quasi exclusive du député UMP de Paris, Claude Goasguen, soumet notamment l'acquisition de la nationalité française par mariage ou naturalisation à «la renonciation expresse du déclarant» à sa nationalité étrangère.

Patrick Simon est sociodémographe à l'Institut national des études démographiques (Ined). Avec Vincent Tiberj, chargé de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques, il a rédigé un chapitre sur l'appartenance nationale, à paraître dans l'ouvrage présentant les principales analyses de l'enquête TeO (trajectoires et origines), réalisée par l'Ined et l'Insee. Il révèle certaines de ces analyses à Libération.

Y a-t-il concurrence ou complémentarité des identités nationales chez les binationaux ?

L’idée que l’appartenance fonctionne selon un principe basique de vases communicants est fausse. Il n’y a pas de compétition entre les identités nationales chez les immigrés et leurs descendants. Les doubles nationaux ressentent autant leur appartenance à la France qu’à leur pays d’origine. Ainsi, bien que l’on constate une moindre intensité du sentiment national français chez les descendants d’immigrés par rapport à la population majoritaire, celle-ci ne s’explique pas par un surcroît d’appartenance nationale envers le pays d’origine des parents. Les descendants d’origine algérienne sont 69% à affirmer fortement se sentir français, ils ne sont que 3

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