Au prix d'un petit effort de mémoire, réécoutons la musique de fond de la semaine dernière : elle nous chantait que «l'affaire» était terminée. Le procureur Cyrus Vance Jr. allait abandonner les charges, toutes les charges, contre DSK. Dès cette semaine, d'ailleurs, dès aujourd'hui, pourquoi pas ? Toute la journée du mercredi, ce fut fait, plié, emballé, et une réunion imminente du procureur avec les avocats de DSK signifiait, c'est certain, le retour au bercail des Sinclair-Strauss-Kahn par le premier avion. Or donc, qu'arriva-t-il à l'issue de cette réunion ? Les avocats de DSK, la quittant, jetèrent simplement à la presse qu'ils l'avaient jugée «constructive». Plouf : encore raté.
La fin du feuilleton attendrait encore.
Comment les journalistes couvrant un même événement succombent-ils à ces intoxications collectives ? L'une d'entre elles, et pas des moindres, nous offre une instructive plongée sur la mécanique du phénomène. Correspondante de France Inter à New York, Fabienne Sintes tient un blog personnel. A l'antenne de France Inter, rien ne la distingue de ses confrères. Mêmes papiers quotidiens sur les rebondissements du feuilleton au jour le jour, mêmes pronostics hasardeux, parfois démentis le lendemain. Et, depuis le revirement du procureur sur la crédibilité de Nafissatou Diallo, même sentiment diffus que l'affaire va s'effondrer.
Sur son blog, en revanche, elle livre de précieuses in




