En proposant, jeudi, le remplacement du défilé militaire du 14 Juillet par un «défilé citoyen», Eva Joly a lancé un joli pétard. Et elle a, du même coup, appris la définition politique d'une attaque à l'arme lourde. Trois jours après l'élection à la primaire d'Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) de l'ex-magistrate franco-norvégienne, les porte-flingues de la droite s'en sont en effet donnés à cœur joie, laissant augurer du ton que va prendre la campagne.
Le débat a rapidement tourné à l'affrontement droite-gauche sur l'identité française de la candidate, et sur la signification du 14 Juillet. Car si beaucoup ont fustigé le fond même de la déclaration, cette déferlante de réactions a surtout souligné l'ambiguïté de la droite face à la binationalité d'Eva Joly. Laquelle persiste et signe (lire ci-contre), et répond sèchement sur Europe 1 : «Je ne descends pas de mon drakkar.»
«Vichy». La Droite populaire, aile droite de l'UMP, a ouvert le feu par la voix de Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes, et porteur d'un projet de limitation de la binationalité aux seuls membres de l'UE (à laquelle la Norvège n'appartient pas) : «Eva Joly fait preuve d'une ignorance crasse sur l'histoire du pays qu'elle aspire à représenter. Mais c'est normal, je ne serais pas apte à parler du rôle de la mer, de la pêche ou du poisson, qui font partie intégrante de la culture norvégienne.» Jamais avare d'un «point Godwin» (1), Lionnel Luca place cette déclarati




