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Libération
EDITORIAL

Explosive

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Publié le 05/08/2011 à 0h00

Affaire Tapie ? Affaire Lagarde ? Affaire Sarkozy ? Pour l’instant, le brouillard qui entoure la décision de recourir à l’arbitrage pour solder l’embrouillamini Crédit lyonnais - Adidas n’est pas près de se dissiper. Il faudra s’armer d’une sacrée patience pour savoir la vérité, quelle qu’elle soit : la Cour de justice de la République travaille très lentement et selon des procédures qui ont peu à voir avec la justice ordinaire. Mais la simple ouverture d’une enquête sur le rôle exact de Lagarde dans ce choix de procédure baroque demeure explosive. D’abord, pour les faits retenus à l’encontre de celle qui était alors ministre de l’Economie : «complicité de faux» et «complicité de détournement de biens publics». Ensuite, parce que Lagarde, désormais à la tête du Fonds monétaire international (FMI), se trouve fragilisée dans une institution qui exige de ses dirigeants, à l’article 6 de son code, «comportement éthique, intégrité, impartialité et discrétion». Après la tourmente DSK, alors que par miracle la France a pu conserver le poste, comment réagiront les membres du Fonds à ces nouveaux démêlés judiciaires ? Estimeront-ils qu’ils sont, en pleine crise financière, de nature à gêner l’action du FMI ? Enfin, Lagarde n’ayant jamais fait mystère du peu d’estime qu’elle avait pour Tapie ou du fait qu’elle ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam, la question du rôle joué par l’Elysée, où l’homme d’affaires a ses entrées, reste entière. Et ressurgira lors de la campagne présidentielle

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