A côté du calcul précis du déficit budgétaire et des prévisions de croissance, il faudrait également créer un outil pour mesurer le coût de la démagogie. Quel temps perdu - trois ans depuis le début de la crise financière ! - pour admettre enfin que les fondements du sarkozysme économique, la fameuse loi Tepa pensée en 2007 pour susciter un «choc de croissance», n’étaient que la traduction d’une série de slogans de campagne en une batterie de mesures inefficaces. Au fil des mois, ce sont le bouclier fiscal, le refus des hausses d’impôts, les aides pour accéder à la propriété et désormais une partie du dispositif sur les heures supplémentaires qui ont été démantelés. De tout cela, il ne reste plus rien. Et la crise financière est un prétexte providentiel pour justifier cet équarrissage. Pour habiller de pragmatisme et de sagesse la reconnaissance tardive, après des années d’entêtement, d’un vice de conception. La gauche, bien sûr, mais aussi les esprits libres de la majorité et la Cour des comptes avaient pourtant démontré depuis longtemps combien ces mesures pesaient sur les comptes publics. Politiquement, quel poison elles instillaient dans le corps social, en faisant des richissimes Français la catégorie sociale la plus choyée, la plus protégée, la plus épargnée. Moderne charité, ces derniers contribueront de manière ponctuelle, «exceptionnelle» - et bien légère - à l’effort collectif. Au nom de «l’équité», disait hier François Fillon, découvrant là une valeur inconnue dep
EDITORIAL
Equarrissage
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Publié le 25/08/2011 à 0h00
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