«Je ne l'imagine pas, je ne le crois pas, et cela ne servirait à rien parce que tout se sait.» Ainsi s'exprimait Nicolas Sarkozy en septembre 2010 quand on l'interrogeait sur une possible violation par la police de la loi sur la protection des sources des journalistes. Le Président avait raison : tout se sait et un an après les faits, son ministre de l'Intérieur, alors secrétaire général de l'Elysée, et deux des plus hauts responsables de la police, se retrouvent comme des gamins pris les mains dans le grand pot à confiture des mensonges d'Etat. Claude Guéant a écrit vendredi à Libération (lire ci-dessous) pour nier avoir donné des instructions d'espionnage de notre confrère du Monde. Et démentir avoir animé une cellule, un «cabinet noir», pour protéger le chef de l'Etat en pleine tourmente Bettencourt. Nous maintenons bien évidemment nos informations sur la constitution de ce cabinet noir, dont Libération avait déjà parlé il y a un an sans que le moindre démenti nous soit opposé. Quant aux instructions qu'il n'aurait pas données aux services de police, il est permis d'en douter. Comme il est permis de douter, malgré ce ton d'évidence très sarkozien, que le chef de l'Etat «n'imagine pas» que de telles pratiques délictueuses puissent exister. L'histoire de la République prouve qu'elles ont existé. Pour ne plus douter de la parole d'Etat, il suffit maintenant de laisser la justice avancer, sans l'obliger à s'arrêter aux portes des p
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ParPaul Quinio
Publié le 03/09/2011 à 0h00
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