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Libération
Reportage

Des villes prises à la gorge

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A l’instar de Saint-Tropez ou Argenteuil, piégés par ces emprunts exotiques à l’origine peu chers, les communes endettées cherchent une issue.

ParNicolas Cori
(à Argenteuil)
Olivier Bertrand
(à Saint-Tropez)
Publié le 21/09/2011 à 0h00

Ce sont deux communes que presque tout oppose. Saint-Tropez la flamboyante et Argenteuil la banlieusarde. Toutes les deux ont pourtant comme point commun d’être étranglées par les emprunts toxiques de Dexia.

Saint-Tropez

Saint-Tropez avait plutôt construit sa notoriété sur les people et le luxe. Mais le 20 août, c'est le Wall Street Journal qui a consacré au port varois un article, titré «Trouble in Paradise», consacré aux emprunts toxiques qui polluent les finances municipales. Entre 2005 et 2007, la ville a contracté pour près de 24 millions d'euros de prêts à taux dit structurés, soit quasiment la moitié d'une dette qui frôle les 50 millions. Le député UMP Jean-Michel Couve, qui était alors aux commandes, a signé sept prêts dont les taux sont très bas durant cinq ans, puis se calculent avec des combinaisons très exotiques, que les services de la ville n'ont toujours pas totalement déchiffrées.

Le plus ennuyeux, le prêt «Helvetix» signé en 2007 avec la Caisse d’épargne pour 6,7 millions d’euros sur trente ans puis repris par le Crédit foncier, présente pour l’instant un taux de 3,94%. Mais dans six mois, il sera aligné sur un différentiel entre l’euro et le franc suisse, qui ne cesse de s’apprécier. Au court actuel, il dépasserait les 16%. Et n’est pas plafonné.

Jean-Michel Couve, qui a laissé son siège en 2008, indique qu'il était conseillé par un ex-trésorier-payeur d'Ile-de-France et qu'il «assume», qu'il s'agissait d'acheter un terrain pour le r

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