Il faut, pour comprendre la tectonique des affaires qui secouent la majorité, avec deux très proches amis du président de la République dans le viseur de la justice, se souvenir de la guerre sans merci à laquelle s’est livrée la droite au début des années 90. C’est cette violence politique, entre chiraquiens et balladuriens, qui remonte aujourd’hui à la surface judiciaire et qui ébranle la présidence. Nicolas Sarkozy appartient de plain-pied à cette histoire. Avec ses bas (sa traversée du désert après 1995) et ses hauts (son élection en 2007). Son arrivée à l’Elysée a souvent été interprétée comme le signe d’une rupture avec ces années de gros plombs. Et son sacre comme le début d’une nouvelle ère à droite. Et si son élection n’était en réalité que le prolongement de cette période ? Et son quinquennat le dernier épisode d’un règne entamé en 1995 par Jacques Chirac, avec un Nicolas Sarkozy davantage héritier que successeur ? A la veille de 2012, l’UMP en tout cas se craquelle. La division menace. Surtout, les affaires de gros sous, qui pleuvent comme à Gravelotte et risquent d’éclabousser l’Elysée, prouvent que l’union n’était qu’un pansement mis sur des plaies trop profondes. Elles se rouvrent aujourd’hui. Et suintent. De la même manière que la gauche a été emportée par les affaires de la fin des années Mitterrand, et privée de victoire présidentielle depuis, l’actuelle majorité le sera-t-elle aujourd’hui ? Trop tôt sans doute pour l’assurer. Mais les affaires ressemblent
EDITORIAL
Gros plombs
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ParPaul Quinio
Publié le 22/09/2011 à 0h00
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