Après Martine Aubry et avant les autres candidats à la primaire socialiste, c'était vendredi au tour de Ségolène Royal de se trouver face à Libération pour une interview collective, menée par l'ensemble de la rédaction. Un feu nourri de questions auquel elle a répondu de manière calme et souvent tranchante, voire brutale, ignorant à plusieurs reprises les circonvolutions, les sous-entendus et les euphémismes qui caractérisent le discours politique. Sur le PS, ses ténors et ses barons locaux, leurs promesses non tenues et leurs mandats cumulés, elle est intraitable, pointant avec délice les petits arrangements entre camarades, toujours prêts à troquer la morale publique contre des soutiens électoraux. Sur les affaires politico-financières, elle n'hésite pas à parler de «système totalement corrompu» et «d'association de malfaiteurs» au sommet de l'Etat, promettant l'inéligibilité à vie aux élus ayant eu maille à partir avec la justice. Sur la crise économique, elle reproche durement au gouvernement son inaction, quitte à sérieusement flirter avec la théorie du complot : si la droite ne trouve pas de solutions, c'est qu'elle cherche à entretenir le trouble chez les électeurs pour susciter, dans les urnes, un réflexe conservateur… Interrogée sur le bilan de Barack Obama, Ségolène Royal adresse un reproche au président américain qui, au fond, définit parfaitement sa propre conception de la politique : «Il n'a pas été assez transgressif.» Entend
EDITORIAL
Tranchante
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Publié le 24/09/2011 à 0h00
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