Il a été maire de Mijanés dans la montagne (91 habitants) avant d'aller, plus en aval, reprendre Lavelanet à la droite en 2001. Ce sénateur réélu dès le premier tour à 76,21% des grand électeurs de l'Ariège en 2008, n'a aujourd'hui plus de mandat municipal dans ce département? L'association des maires s'est aussitôt rebaptisée AMA, Association des maires et des élus de l'Ariège pour pouvoir le garder comme président.
Écharpé de bleu-blanc-rouge et cassant la graine à belle dent dans les comices agricoles, l'étudiant trotskyste en droit des premières années 70 à Toulouse, Jean-Pierre Bel a réussi sa première métamorphose. La seconde est à venir. À 60 ans au mois de décembre, le président du groupe socialiste au sénat depuis 2004 pourrait être élu samedi au «Plateau», à la présidence du sénat tout entier. «Bel vient de changer de dimension, il a changé de braquet», analyse son vieil ami et voisin, le sénateur des montagnes haut-garonnaises Bertrand Auban.
Les deux compères partagent depuis trente ans le même itinéraire politique: ils ont été «pour Lionel» à l'arrivée de Jospin dans le Sud-Ouest en 1986, puis tenants d'Emmanuelli en 1994 avant de revenir vers Jospin pour être aujourd'hui partisans de Hollande. «Ce garçon sait toujours se rétablir», apprécie cet élu d'un gros bourg ariégeois qui livre la recette de «la gauche conservatrice» telle qu'elle se pratique du côté de Foix: «Etre consensuel et prudent, avoir des convictions mais ne se fâche




