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Libération

FN : la tentation de l’instrumentalisation

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Publié le 29/09/2011 à 0h00

Le Front national n’a obtenu aucun élu aux élections sénatoriales. Pas un seul de ses candidats ne s’est même trouvé en position éligible. Le parti d’extrême droite n’a rassemblé qu’entre 3 et 4 % des voix, même s’il est en progrès par rapport à la dernière fois. Au plan local, la formation de Marine Le Pen reste d’une faiblesse insigne. Et cependant dans les sondages la candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle progresse de nouveau en popularité. Après sa percée du début de l’année, elle avait traversé une mauvaise phase cet été, faute d’être dans l’actualité et parce que les solutions économiques qu’elle préconise face à la crise n’ont pas convaincu. Depuis quelques semaines, elle reprend néanmoins des couleurs. Les circonstances l’y aident et la tentation de l’instrumentaliser existe malheureusement à droite, c’est flagrant, et à gauche, c’est visible. Pour être sûr de se qualifier pour le second tour, les uns et les autres jouent avec des thèmes qui ne peuvent profiter qu’à l’extrême droite. Ce cynisme trop partagé est à la fois inefficace et dangereux.

L’épouvantable climat actuel favorise évidemment Marine Le Pen. La crise financière, monétaire et bancaire se déchaîne plus que jamais. Les marchés oscillent vertigineusement, comme s’ils avaient perdu tout sens de l’orientation. Les gouvernements occidentaux se divisent, anglo-saxons contre continentaux. Au sein même de la zone euro, on entend des sons discordants. Le secrétaire américain au Trésor préconise

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