De la difficulté de rester au-dessus de la mêlée pour le favori. Au risque de planer ? Lors du premier débat de la primaire, François Hollande s’était montré indigné sur les conséquences sociales de la crise et parfois agressif avec les journalistes pour faire preuve d’autorité. Suspecté d’avoir pris la grosse tête et de tordre sa nature affable, le député de la Corrèze s’est évertué hier à se placer à une hauteur cette fois toute professorale à l’égard de ses compétiteurs.
Ségolène Royal prône-t-elle une loi pour interdire les licenciements boursiers et Martine Aubry penche-t-elle pour une autorisation administrative ? «Moi, je ne crois pas aux solutions ni judiciaires ni administratives», tranche l'ex-prof d'économie à Sciences-Po, plaidant pour «rendre plus chers» ces licenciements. Ses deux rivales pilonnent-elles le «contrat de génération», sa mesure phare ? Il ne dévie pas de son «engagement» pour que «le jeune et le senior» trouvent leur place dans l'entreprise. «Ma priorité, c'est la jeunesse. J'ai défini cet enjeu-là et je n'en changerai pas.»
Face à la surenchère «protectionniste de gauche» de certains de ses camarades, il reste sur son créneau réalo-réformiste, en rappelant qu'en matière de politique commerciale, «ce n'est pas la France qui décide, c'est l'Europe». Hollande fait une concession en considérant que «les stock-options n'ont aucune justification dans les grandes entreprises».




