C’est l’affaire qui a permis la rencontre entre Ziad Takieddine et Nicolas Bazire. En 1993, l’intermédiaire et le directeur de cabinet du Premier ministre Edouard Balladur ont travaillé plusieurs mois ensemble à l’organisation d’une visite en Arabie Saoudite. Objectif : signer un contrat pour la vente de trois frégates militaires d’un montant total de 28 milliards de francs.
La justice soupçonne aujourd’hui Ziad Takieddine d’avoir touché des commissions sur ce contrat et d’en avoir ensuite redistribué une partie pour le financement de la campagne d’Edouard Balladur.
Comment vous êtes vous retrouvé au cœur des grands contrats internationaux signés par la France ?
J’ai commencé, en 1986, par être le gérant d’une société de sports d’hiver dans le sud de la France. Elle s’appelait Isola 2000. Je l’ai vendue ensuite à un prix très intéressant, et c’est comme ça qu’en 1993 je suis venu m’installer à Paris avec l’argent que j’avais gagné.
Il semble que vous devez beaucoup à François Léotard, lorsqu’il fut nommé ministre de la Défense d’Edouard Balladur en 1993 ?
Je l'avais rencontré en tant que maire de Fréjus à Isola 2000 en 1987. Et nous étions devenus amis. Mais je ne suis pas allé le voir spontanément. C'est après une rencontre totalement par hasard avec un ami que j'ai repris contact avec lui. Cet ami, M. El-Assir, m'explique alors qu'il travaille avec l'Arabie Saoudite et que ce pays cherche à nouer de meilleures relations avec la France. Je lui dis que je peux en parler au nouveau ministre de la Défense mais qu'il me faut pour cela un mandat officiel. C'est ainsi que j'ai rencontré cheikh Ali bin Mussallam [ministre d'Etat, l'homme des missions sensibles du roi Fahd, ndlr]. Mais à l'époqu




