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Interview

2. Miksa : frontières troubles en Arabie

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«Le général Rondot m’a proposé de partager les commissions.»

Publié le 01/10/2011 à 0h00

En 1994 un colossal contrat de sécurisation des frontières de l’Arabie Saoudite, dit Miksa, donne lieu à un bras de fer entre Sarkozy, ministre de l’Intérieur, et le président Chirac. Objectif non avoué : récupérer les commissions.

Depuis quand connaissez-vous Claude Guéant ?

Depuis 2002.

Comment avez-vous fait sa connaissance ?

J’ai appelé le cabinet du ministre de l’Intérieur pour lui demander un rendez-vous. Mon objectif était de lui parler des relations entre la France et l’Arabie Saoudite, qui étaient interrompues. Je lui ai demandé s’il était au courant d’un contrat très important baptisé Miksa, qui était gelé. A partir de là, nos relations sont devenues très régulières.

Quelle était la nature de ces relations ?

Nous avons préparé ensemble la visite du ministre en Arabie Saoudite pour tenter de conclure le contrat Miksa.

L’Elysée et Jacques Chirac étaient pourtant eux aussi en train de négocier ce contrat…

Oui. Jacques Chirac voulait signer ce contrat, avec des FCE [les frais commerciaux exceptionnels ou commissions légales, ndlr] plus élevés. Or il ne pouvait pas y avoir de commissions, c'était une des exigences du prince Naiev, ministre de l'Intérieur saoudien.

Jacques Chirac est-il réellement intervenu pour faire cesser votre action et faire annuler une visite de Nicolas Sarkozy à Riyad ?

C’est Maurice Gourdault-Montagne qui a appelé Claude Guéant pour annuler la troisième visite.

Tout a alors cessé ?

Presque… En 2005, les chiraquiens ont voulu que je relance le dossier. Un beau jour, le général Rondot est venu chez moi. Cela a duré quinze minutes. Il m’a proposé de retravailler sur le contrat Miksa et m’a proposé de partager les commissions entre chiraquiens et sarkozystes. Je l’ai aussitôt raccompagné à la porte. Puis par l’entremise d’un ami, j’ai accepté de voir Alexandre Djouri. Je savais qu’il était l’homme des commi

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