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Libération

La guerre des Six n’aura pas lieu

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Publié le 06/10/2011 à 0h00

L’élection primaire organisée par la Parti socialiste constituait une grande «première» avec ce que cela implique de théâtre, de tumulte, et de mystère. Les Cassandre n’avaient pas manqué, annonçant de violentes polémiques et d’irrémédiables fractures, trompetant que le PS sortirait affaibli, voire exsangue de cette péripétie téméraire. Comme la guerre de Troyes, la guerre des Six aurait forcément lieu. La réalité a été bien différente. Les six candidats se sont certes distingués les uns des autres, de plus en plus fermement au fur et à mesure que l’on approche de l’échéance. Les trois débats télévisés ont reflété cette combativité croissante. Les clivages se sont creusés.

Aux deux extrémités, Arnaud Montebourg d’un côté, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet de l’autre ont incarné deux lignes contradictoires et même intellectuellement incompatibles. Néochevènementiste, le député est président du conseil général de Saône-et-Loire (grand adversaire des cumuls) préconise le retour du protectionnisme et de l’ultradirigisme. Il prend, avec une suave et pompeuse éloquence, le grand tournant de 1983 à l’envers.

Aux antipodes, Manuel Valls bataille pour un réalisme de gauche intégrant les nouveaux facteurs de la crise, s’interdisant de promettre ce qui ne peut être tenu, en somme un néomendésisme avec ce que cela implique de rigueur, d’exigence, de probité et de pédagogie. Sur un registre plus vague et plus débonnaire, c’est aussi la pente de Jean-Michel Baylet, héritier cordial du soli

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