Soit un train ordinaire, jeudi, sur une ligne ordinaire reliant Lyon à Strasbourg ; puis, en fin d’après-midi, à bord du convoi ordinaire et peu avant Besançon, un contrôle de billets qui cesse de l’être, ordinaire quand l’agent de la SNCF reçoit huit coups de couteau de la part d’un voyageur –ordinaire, ou pas ordinaire ?
Pas ordinaire, mais presque. Pas sauvageon, en tout cas, en ce territoire longtemps chevènementiste ; pas particulièrement formaté pour la resquille, pour ce qu’on sait, à ce détail que l’homme, le jeune homme de 27 ans, aurait, apprend-on, séjourné quatre fois déjà dans sa jeune vie en hôpital psychiatrique, et un petit peu en prison, aussi, mais, pour le profil, c’est «déséquilibré» qui s’avéra et qu’il faut dire. Jeudi, de façon ordinaire, apprenant que le contrôleur est grièvement blessé, ses collègues de la région invoquent leur droit de retrait pas encore aboli et «posent le sac». Arrêt du trafic, comme chaque fois, dans ce cas de figure et n’importe quel type de transport en commun.
C’est dans la nuit que la situation va sortir de l’ordinaire. Alors que se profile un ponctuel et banal coup de chaud, option peur sur la ville, les campagnes ou les quartiers, c’est sur tout le réseau que le trafic va cesser, découvrant à l’aube de vendredi, dans les gares de tout le pays, un trafic explosé comme lors d’une grève générale. Et c’est là que ça devient intéressant.
Le retrait durera une journée, un peu plus dans tel dépôt ou un peu moins dans tel autre. Malgr




