Qui envisage, aujourd’hui, d’instituer au niveau européen une taxe sur les transactions financières, cette idée saugrenue, emblème de tous les altermondialistes il y a quinze ans ? Nicolas Sarkozy.
Qui est en train, dans son pays, d’essayer d’imposer une réforme du système bancaire, inenvisageable il y a encore quelques années ? Barack Obama.
Pourquoi ces deux détours pour évoquer Arnaud Montebourg, certes arbitre de la primaire, mais pas encore promis au même destin ? Parce qu’il est fatigant d’entendre la majorité UMP décrire le député de Saône-et-Loire comme un dangereux gauchiste «irresponsable».
Parce qu’il est fatigant de voir comment certaines propositions sont, forcément, irréalistes, indéfendables et donc décrédibilisées avant même d’avoir été regardées de près.
Non pas que le programme d’Arnaud Montebourg puisse servir demain, et tel quel, de feuille de route à un gouvernement de gauche… Ce n’est d’ailleurs pas ce qu’ont réclamé les électeurs du premier tour de la primaire. Ils auraient, sinon, placé le député de la Bresse en tête du scrutin. Ils ont, au contraire, promu deux profils réformistes. Mais ils ont aussi dit leur ras-le-bol de courber l’échine face à une mondialisation financière dont il serait impossible de changer les règles. François Hollande a devant lui le risque de ne pas entendre ce message et de sacrifier l’audace au nom de la gestion. Martine Aubry a devant elle le risque de trop l’entendre, quitte à promettre ce qu’elle sait impossible une fois au




