Ce n'est pas le moindre des mérites de cette primaire à ciel ouvert : cette compétition inédite a rendu éclatante une bifurcation idéologique majeure dans le paysage politique. La gauche, du moins celle qui à l'ambition de gouverner, accepte désormais de débattre des meilleurs moyens de réarmer la politique face aux déséquilibres de la mondialisation et du libre-échange. Arnaud Montebourg, non sans une certaine afféterie mais avec une belle efficacité, a fait voler en éclats le tabou du protectionnisme. Il ne fut ni le premier ni le seul à conduire cette entreprise de dédiabolisation. Mais le député de Saône-et-Loire a donné le dernier coup de boutoir et il a cristallisé un débat que la violence de la crise avait fini par rendre inévitable. Montebourg a mis un gros caillou dans la chaussure des deux finalistes socialistes. Ce soir, Martine Aubry et François Hollande devront ainsi s'expliquer et proposer des mesures réalistes, défensives et offensives, pour reconstruire un rapport de force avec les grands pays émergents, pour protéger des territoires et des emplois industriels, pour défendre des normes sociales et environnementales. Le concept flou et trop euphémisant de «juste échange» gravé dans le programme socialiste n'y suffira pas. Il y eut trop de naïveté cultivée depuis les années 80, cette croyance, notamment, que le multilatéralisme pouvait à lui seul pacifier les tensions nées de la mondialisation des échanges. Montebourg leur a facilité la tâche : dans sa
EDITORIAL
Bifurcation
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Publié le 12/10/2011 à 0h00
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