Dur métier, journaliste politique. Il faut imaginer la tête des confrères des hebdos, après la primaire socialiste. Défi de la semaine : construire une success story, une histoire de winner, bien charnue, avec des meurtres, du suspense, du sang sur les murs, des rebondissements, comme on les adore dans les pages politiques des hebdos. Tu as deux heures. Et le héros, chef, qui doit être le héros ? François Hollande. Pardon, chef, c'est une blague ? Non non, François Hollande, il a gagné la primaire, t'es au courant ? Tu te débrouilles comme tu veux, tu me le transformes en fauve, en Zeus, en Jupiter, en Apollon, en Neptune, tu as carte blanche, mais c'est la couve de la semaine, et six pages. Je veux qu'il crache le feu.
Dur métier.
L'Express propose donc «Hollande intime» (Dieu, les femmes, les enfants, le foot, les amis, les secrets, les mensonges, les blessures). Dans une formulation toute en perversité compassionnelle dont il semble avoir le secret, le Point se demande en couverture «Est-il si mou ?» Mais le plus enthousiaste est l'Obs, qui promet toutes les révélations sur «le conquérant». A savoir, «ses réseaux, sa compagne, son plan pour battre Sarkozy» (espérons que le numéro ne tombera pas sous les yeux de Sarkozy). A la lecture, il est manifeste que les rédacteurs en chef, dopés comme d'habitude par les sondages, se sont donnés à fond. Les intertitres résumant les journées de l'entre-deux tours claquent comme des c




