La déclaration de Laurent Wauquiez, selon lequel l'augmentation du nombre de jours de carence avait pour objectif de «responsabiliser les malades» (voir l'article de Libération), a suscité un tollé. Elle n'aurait dû surprendre personne. Cela fait des années que la «responsabilisation des malades» sert de justification à une politique consistant à reporter de plus en plus de dépenses de santé vers les malades, ou les complémentaires et les mutuelles. Ainsi, dès 2007, Roselyne Bachelot justifiait la mise en place de franchises sur divers types de dépenses de santé en disant qu'il ne «fallait pas y voir un rationnement des soins, mais une responsabilisation des patients» (lire l'article du Monde). Cinq ans plus tard, les patients sont plus que jamais «responsabilisés». Mais cela ne suffit manifestement pas: les dépenses de santé continuent d'augmenter, comme le déficit de l'assurance-maladie.
Le raisonnement économique derrière cette idée de «responsabilisation» des patients? L'aléa moral. Si les soins sont très bien remboursés, les gens seraient irrationnels et prêts à dépenser énormément pour réduire les risques les plus dérisoires. Les patients multiplier




