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Libération
Interview

«La gauche a perdu le contact avec le terrain»

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Viviane Serrano. 47 ans, fonctionnaire d’État, militante à Sud

ParPierre-Henri Allain
Rennes, de notre correspondant
Publié le 25/11/2011 à 0h00

«Se revendiquer d'extrême gauche aujourd'hui, c'est comme se revendiquer féministe, ça paraît d'arrière-garde. Pourtant les combats sont toujours très présents», lance Viviane Serrano.

Cette mère de famille, fonctionnaire à la préfecture de Rennes, est très engagée dans les mouvements de défense des femmes. «Je suis féministe et me revendique comme telle. Et, même si je ne me retrouve pas dans le terme d'extrême gauche - que j'associe à une certaine dureté d'action, à quelques groupuscules anars ou maoïstes -, je me sens très à gauche. D'ailleurs, quand on voit où en est le Parti socialiste - disons au centre gauche pour être gentil -, c'est la Gauche unitaire, le NPA, qui devraient être considérés comme la vraie gauche.»

«Ces dernières années, toute la politique a eu tendance à se déplacer vers la droite. L’UMP et le président de la République flirtent avec l’extrême droite, le centre se droitise à son tour, et le Parti socialiste adhère à la mondialisation libérale en prétendant qu’on ne peut pas faire autrement. Mais on peut faire autrement ! Finalement, ce qu’on nomme extrême gauche, c’est simplement ce qui porte encore des valeurs de gauche. La solidarité, le partage, l’altermondialisme… Des valeurs que l’on retrouve dans certains lieux associatifs ou dans des mouvements qui défendent les droits des immigrés, le droit au «logement.»

«Personnellement, je me méfie du milieu politique et me retrouve davantage dans l’action syndicale. J’aime bien

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